La prêle des champs (Equisetum arvense)
Championne toutes catégories, la prêle est riche en silice (jusqu’à 10 % de sa masse sèche), substance connue pour renforcer les parois cellulaires de la vigne et limiter la pénétration des champignons pathogènes.
- Effet : prévention du mildiou, de l’oïdium et du black rot par effet stimulant et antifongique léger
- Récolte : jeunes pousses avant la floraison, de mars à juin, idéalement en zone non traitée
- Préparation : décoction (faire bouillir 100 g de prêle sèche dans 10 l d’eau pendant 20 à 30 min)
- Application : en pulvérisation foliaire, diluée à 10 %, tous les 7 à 10 jours en période à risque, voire après une forte pluie
Études INRAE 2017-2020 : baisse de la pression mildiou de 25 à 40 % dans les essais sans cuivre (source : INRAE Colmar, 2020).
L’ortie (Urtica dioica)
Plus connue comme stimulateur de croissance (purin), l’ortie en tisane a aussi une action indirecte sur les maladies, en raison de sa richesse en minéraux (fer, azote, silice) et en acide formique.
- Effet : favorise la vigueur, améliore la résistance globale de la vigne, action préventive
- Utilisation : en infusion (100 g de feuilles fraîches/litre d’eau chaude, infuser 12 h), ou en macération courte (purin d’ortie 24-48h)
- Application : dilution à 5 à 10 %, pulvérisation foliaire lors de la reprise de végétation et jusqu’à la floraison
Son action contre le mildiou et l’oïdium reste surtout indirecte mais vérifiée de façon empirique (source : Guide ITAB, 2018 : ITAB).
L’ail (Allium sativum)
Petite révolution dans le vignoble, l’ail concentre des composés soufrés naturels (allicine, ajoène) réputés pour leur effet antifongique et antibactérien.
- Effet : inhibition du développement de certains champignons (mildiou, oïdium), action assainissante du feuillage
- Préparation : décoction (faire bouillir 500 g d’ail haché dans 10 l d’eau, puis laisser infuser 12-24 h)
- Application : pulvérisation après dilution à 5-10 %, particulièrement en météo chaude et humide
Essais IFV 2019 : dédoublement du délai d’arrivée des premières taches de mildiou par rapport au témoin (source : Institut Français de la Vigne et du Vin).
La consoude (Symphytum officinale)
Souvent réservée au verger ou au potager, la consoude fait son entrée dans la vigne grâce à ses atouts : richesse en potasse, en bore et en allantoïne (cicatrisant naturel).
- Effet : stimule la cicatrisation, favorise la photosynthèse, réduit les stress (gel, grêle...)
- Infusion : 1 kg de feuilles dans 10 litres d’eau infusées 24h, puis pulvé foliaire diluée à 10 %
Intéressant en post-grêle ou après un épisode de gel. Quelques essais alsaciens montrent une production de biomasse accrue et une meilleure récupération de la vigne.
La fougère aigle (Pteridium aquilinum)
Recommandée surtout contre les insectes ravageurs (cicadelles, acariens, tordeuses), la fougère agit aussi indirectement sur la résistance aux maladies.
- Effet : répulsif, stimulant, favorise l’équilibre biologique
- Préparation : purin de fougère (macération 1 kg de fougère/litre d’eau, 3 à 4 jours)
- Application : dilué à 10 %, en pulvérisation avant le débourrement
La biodiversité retrouvée dans certaines parcelles traitées à la fougère a été étudiée à l’INRAE Nancy-Grand Est (voir "Le végétal au service de la vigne", ouvrage collectif, 2020).
D’autres plantes en test ou à suivre
- Camomille matricaire : apaisante, bénéfique en application sur les plaies ou après la taille
- Achillée millefeuille : améliore la résistance générale, utilisée en biodynamie
- Saule : extrait riche en salicyline, stimule l’auto-défense
Des études sont en cours pour valider le potentiel de plantes locales comme la luzerne, la menthe poivrée ou même le sureau noir.